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Pays de la Loire

UN POINT SUR LES ASSOCIATIONS

jeudi 14 novembre 2013 par Anaïs Appiano

Je pense utile de vous alerter sur un point qui me semble important pour le Pays, la démocratie, l’emploi et les crises à résoudre.

Notre réseau, avec d’autres, est très attentif aux différentes réformes et changements que notre gouvernement met en place pour moderniser la France.

Il nous semble qu’il y ait un véritable problème concernant la perception que l’Etat et celles et ceux chargés de l’animer ont du milieu associatif. Nous retrouvons cette sous-estimation chronique du milieu associatif dans plusieurs politiques publiques :

1- la Loi en préparation sur l’ESS : une véritable attente ! et une des clés pour l’avenir du secteur...

Mais UNE APPROCHE PUREMENT ENTREPRENEURIALE avec absence totale de considération pour l’engagement humain et le mode de gouvernance collective qui caractérisent pourtant l’ESS et la spécifient par rapport aux autres PME et dont l’ignorance va cruellement se faire sentir en période de crise morale et culturelle, et de disette budgétaire (reconnaissance du bénévolat, rôle de la formation, responsabilité collective, entr’aide, solidarité volontaire....).

Mais UNE PART TROP GRANDE faite aux "gros" du secteur (Mutuelles, Coopératives,...) qui font un lobbying important et qui par bien des côtés se sont éloignés de l’éthique de l’ESS, ont une vision passéiste du secteur associatif et ne représente in fine que 20% de l’emploi du secteur. 2- la BPI, prévoit d’aider l’ESS à travers un fonds dédiés de 500 Millions d’€, ce qui est correspond à de vrais besoins du secteur...

Mais, POURQUOI 500 MILLIONS alors que la BPI est dotée d’un budget de 42 Milliards et que le secteur de l’ESS représente 12% de l’emploi en France (dont 80% au seul secteur associatif) ? un dotation de 4 Milliards eu mieux correspondu !

Mais avec DES COÛTS DE TRANSACTIONS TROP IMPORTANTS (dossiers, contrôles, suivi, engagements,..) que des petites structures ne peuvent supporter et donc ne profitant qu’aux grosses structures de l’ESS pourtant les moins créatrices d’emplois...

Mais gérant des Investissements d’Avenir TROP CIBLÉS VERS LES ENTREPRISES À BUT LUCRATIFS MÊME LIMITÉE (98%), alors que le secteur associatif a d’énormes besoins en investissements pour préparer la sortie des crises environnementales, sociales et économiques.

3- Le Crédit d’Impôt pour a Compétitivité et l’Emploi est certes une arme pour les entreprises...

Mais la mesure compensatoire prévue pour les associations d’une augmentation de l’abattement sur la taxe pour les salaires REPRÉSENTE UNE AIDE 3 FOIS MOINDRE ! la baisse sur le coût horaire correspond à 0,28€ dans le cas d’une association et 0,84€ en 2014 pour une entreprise à but lucratif.

Pour une entreprise sociale comme les Petits Débrouillard s avec 170 salariés la mesure compensatoire représente UNE ÉCONOMIE DE 14 000 € alors que pour le même nombre de salariés dans une entreprise à but lucratif, CELA REPRÉSENTE 220 000 € !!!

4- les Emplois d’Avenir, la volonté du gouvernement de parer au chômage des jeunes non diplômés est à saluer et à encourager.

Mais aujourd’hui 100 000 jeunes SORTENT DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR sans travail et quand ils en trouvent, occupent des emploi peu ou pas qualifiés, ces mêmes emplois qui manquent aux jeunes non-diplômés (100 000 jeunes sortent eux sans diplômes).

Cela représente UN VÉRITABLE GÂCHIS SOCIAL de voir tant de jeunes diplômés ne pas profiter de l’ascenseur social et de plus les mettre en concurrence avec les jeunes non diplômés créé des tensions, des exaspérations et frustrations inutiles et destructrices (surtout dans le milieux populaires).

Seul le secteur associatif offre des places et créé des emplois en période de crise et IL A BESOIN DE CES EMPLOIS DIPLÔMÉS pour justement mettre en place des services et des solidarités (formation, éducation, accompagnement,..) qui permettraient de diminuer le nombre de jeunes non-diplômés ou de les réinsérer...

5- les Aménagements des rythmes éducatifs : une réforme nécessaire, courageuse et porteuse d’innovations...

Mais difficile à mettre en oeuvre car représentant des COÛTS POUR LES COLLECTIVITÉS LOCALES TROP IMPORTANTS, alors que le dispositif "emplois d’avenir" pourrait très bien convenir, les conditions et coûts de recrutement prévus sont aussi inadaptés et trop importants.

Mais demande à juste titre UNE PLUS-VALUE ÉDUCATIVE DE QUALITÉ, à la demande des parents et des partenaires que seuls des jeunes diplômés, bien formés et encadrés peuvent fournir. Un "joint-venture" Education Populaire/Nouvelle - Emplois d’avenir - Aménagement des rythmes éducatifs a été raté ce qui aurait eu comme effet l’embauche de 150 000 jeunes en un an, profitable à tout le monde...

D’une manière générale, nous voyons bien que dans l’esprit de celles et ceux qui préparent et font les lois, souvent avec de bonnes intentions et avec de vrais problématiques à traiter, LES ASSOCIATIONS ONT UNE TRÈS MAUVAISE IMAGE et sont perçues comme étant des lieux sans création de richesse ni porteur de perspectives d’emplois "sérieux"...

Il y a certainement des raisons expliquant cela, notamment la méconnaissance de ce monde et sa TRÈS GRANDE MUTATION CES DERNIÈRES ANNÉES. Il est vrai que la structuration du financement des associations par l’Etat ou les collectivités locales n’a pratiquement PAS CHANGÉ DEPUIS 30 ANS gardant un certain nombre d’entre elles dans des situations de rentes publiques au détriment de l’innovation sociale auxquelles se sont ajoutés ces dernières années des associations "people". Toutes les nouvelles associations qui oeuvrent pour les usages numériques, économiques, les enjeux environnementaux scientifiques et sociaux, les nouvelles formes de coopération, la participation et le renouveau démocratique ne perçoivent que très très peu de subventions publiques ALORS QU’ELLES REPRÉSENTENT LA TRÈS GRANDE MAJORITÉ DES PRATIQUES DE JEUNES ET MOINS JEUNES AUJOURD’HUI et des potentiels de développement très importants.

DANS LES MUTATIONS DE NOTRE SYSTÈME PRODUCTIF, elles peuvent participer à la construction d’une économie de PROXIMITÉ, une économie DE LA CONNAISSANCE, une économie DE LA CIRCULARITÉ, une économie DE LA FONCTIONNALITÉ. Encore faudrait-il qu’elles soient perçues et reconnues à leur juste valeur.

Cordialement

François Deroo

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